IDÉE DU MOIS
06/11/06
Déduire les intérêts de vôtre prêt hypothécaire ?
Pouvez-vous déduire les intérêts de votre prêt hypothécaire... sans déménager aux États-Unis?
 

Que diriez-vous de déduire les intérêts de votre prêt hypothécaire de votre revenu imposable, comme nos voisins du Sud? Et bien, sachez que c’est possible, en transformant vos « mauvaises dettes » en « bonnes dettes ».

Il est facile d’accumuler des dettes. Leur gestion par contre exige des efforts. Mais, pour en tirer profit, alors là il faut réellement revoir sa gestion financière du tout au tout. C’est comme conduire en Angleterre : les voitures y sont aussi efficaces qu’ici, mais on a soudain l’impression d’avoir traversé un miroir. Convertir ses dettes peut être rentable et ça n’a rien de sorcier : il suffit de penser au long terme, de garder l’esprit ouvert, et de se faire conseiller.

« BONNES » ET « MAUVAISES » DETTES
Il faut d’abord cesser de croire que toutes les dettes sont mauvaises. Emprunter pour acheter un produit qui se déprécie (voiture, télé ou divan) n’est jamais une bonne affaire.

Mais lorsque l’argent que vous empruntez sert à acquérir quelque chose qui vous rapporte de l’argent, vous avez le droit de déduire de votre revenu imposable les intérêts que vous payez sur cet emprunt. Voilà ce qui en fait une « bonne » dette! On parle souvent de prêts levier ou de placements financés par un emprunt, mais il s’agit dans tous les cas, bien simplement, d’emprunter de l’argent pour faire de l’argent.

L’ÉTAPE SUIVANTE : TRANSFORMER VOS MAUVAISES DETTES EN BONNES DETTES
De plus en plus de Canadiens découvrent l’avantage non pas d’éliminer leurs dettes, mais plutôt de les « transformer » en dettes déductibles. Le concept compte un certain nombre de partisans, convaincus que tous les Canadiens devraient être conscients de cette possibilité de transformer leurs dettes, ou plus particulièrement leur prêt hypothécaire en dette ouvrant droit à une déduction fiscale.

La plupart des Canadiens ne se rendent pas compte du coût réel de leur prêt hypothécaire. En fait, il y a quelques années, un sondage de Maritz Research1 a révélé que plus de 75 % des Canadiens interrogés sousestimaient la somme des intérêts qu’ils paieraient sur leur prêt hypothécaire ou n’avaient aucune idée de son coût global. Par exemple, un prêt hypothécaire de 150 000 $ à 7 % amorti sur 25 ans coûte 165 000 $ en intérêts seulement, soit plus que le prêt initial. Le propriétaire dont le taux d’imposition marginal est de 40 % devra gagner 525 000 $ pour s’acquitter de cette dette de 150 000 $. On comprend donc pourquoi de plus en plus de Canadiens se renseignent sur la possibilité de rendre leurs versements d’intérêts déductibles.

LA TRANSFORMATION
Pour commencer, le propriétaire doit obtenir un prêt de transformation de son avoir propre foncier. Il s’agit essentiellement d’une marge de crédit garantie et fondée sur la valeur de la propriété. Comme il s’agit d’une marge de crédit, toute fraction du capital qui est remboursée peut être empruntée de nouveau. Cet argent sert alors à souscrire un placement.

Par exemple, un prêt hypothécaire de 200 000 $ à 7 % coûterait 1 400 $ par mois au propriétaire. Le premier mois, une somme de 1 150 $ servirait à acquitter les intérêts tandis que les autres 250 $ rembourseraient le capital. Pour convertir sa dette en emprunt donnant droit à déduction, le propriétaire retirerait alors les 250 $ de valeur nette acquise pour les placer.

À la fin de la première année, le propriétaire se sera avancé à lui-même et aura placé quelque 3 100 $. En empruntant cet argent pour le placer, le propriétaire se trouve à souscrire un prêt placement dont les intérêts sont déductibles du revenu imposable. Le même processus se répète année après année.

Bien que le montant de la dette demeure du même montant, soit 200 000 $, cette somme est systématiquement transformée en dette déductible. En outre, les remboursements d’impôt de plus en plus importants que reçoit le propriétaire peuvent servir à rembourser le capital hypothécaire, puis être empruntés de nouveau et placés. D’ailleurs, le propriétaire peut utiliser n’importe quel placement non enregistré pour rembourser son prêt hypothécaire, puis réemprunter l’argent pour faire un placement déductible (pourvu que les coûts liés à la vente de ce placement non enregistré et les gains en capital alors matérialisés ne soient pas excessifs).

Cette stratégie s’accompagne de trois avantages de taille :

1 Le propriétaire se constitue un portefeuille de placement au fil des ans et jouit de l’effet de capitalisation.

2 Les versements d’intérêts donnent droit à des déductions, ce qui donne lieu à des remboursements d’impôt.

3 En se servant de ces remboursements d’impôt pour rembourser son prêt hypothécaire, le propriétaire accélère le paiement de sa dette non déductible.

UN PRÊT HYPOTHÉCAIRE DONT LES INTÉRÊTS SONT DÉDUCTIBLES CONVIENDRAIT DONC À TOUT LE MONDE?
Une chose est sûre : s’il faut être endetté, mieux vaut une dette déductible qu’une autre qui ne l’est pas. L’opération n’est toutefois pas sans risque et il faut se rappeler que la stratégie est basée sur les règlements actuels de l’Agence du revenu du Canada (ARC), lesquels ne sont pas immuables.

L’idéal est d’en parler à son conseiller financier. Les conseillers comprennent le degré de tolérance du risque de leurs clients, peuvent juger si une stratégie leur convient et, surtout, sont en mesure de mettre en œuvre les éléments nécessaires du programme, au chapitre des placements. Évidemment, il faut aussi parler à un expert en prêts hypothécaires pour choisir le bon produit.

Même si le propriétaire décide de ne pas transformer son prêt en dette déductible, un prêt de transformation de l’avoir propre financier lui procure des avantages importants, soit celui de pouvoir en tout temps appliquer les sommes dont il dispose au remboursement de son prêt et celui de pouvoir réemprunter son argent s’il en a besoin ultérieurement.

Selon un vieil adage du domaine de la planification financière, pour s’enrichir, il faut commencer par éliminer ses dettes non déductibles. Mais peut-être vaudrait-il mieux dire que, pour s’enrichir, il faut d’abord transformer ses dettes non déductibles en dettes déductibles.

Emprunter pour placer ne convient qu’aux épargnants qui peuvent tolérer un degré de risque élevé. Vous devez bien comprendre les risques et les avantages associés aux prêts Placement, car les pertes comme les gains peuvent être amplifiés. La valeur de votre placement fluctuera et n’est pas garantie, mais vous devrez néanmoins assurer le service des intérêts et le paiement de l’impôt, et rembourser la totalité de votre emprunt. Avant de prendre une décision, prenez connaissance des conditions de votre contrat de prêt ainsi que des renseignements sur les placements, et discutezen avec votre conseiller financier.

1 Maritz Research a sondé 2 006 Canadiens âgés de 18 ans ou plus entre le 9 et le 15 août 2001. La marge d’erreur est de +/- 2 %, 19 fois sur 20.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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